vendredi 30 novembre 2012

En direction de Puno

En fin d’avant-midi, un taxi vient nous chercher et nous quittons l’hôtel « El Refugio ». Nous avons bien ri, car le chauffeur a de la difficulté à remonter la côte avec son taxi. À quelques reprises il doit reculer et prendre son élan pour repartir… Le moteur commence à sentir un peu le chauffé. À un moment donné, j’ai presque qu’envie de proposer au chauffeur que l’on débarque mon père et moi pour lui donner une chance… le pauvre ! Après 4 ou 5 tentatives, il réussit enfin à remonter jusqu’en haut de la côte ! Quel drôle de moment !

Le taxi nous ramène jusqu’à Chivay encore une fois et nous dépose à une compagnie d’autobus. Nous devons attendre environ 30-40 minutes. Mon père s’installe dans la cour intérieure et il lit son roman. Pour ma part, j’en profite pour aller me promener un peu dans la ville et prendre quelques photos.

Cathédrale de Chivay


On monte à bord de l’autobus vers midi. Le trajet d’une durée de 5-6 heures nous conduira jusqu’à la ville de Puno, en bordure du Lac Titicaca. Sur la route nous traversons l’altiplano (hauts plateaux andins). Croyez-le ou non… tout à coup une neige floconneuse se met à tomber et agrémente le paysage. Je suis à la fois surprise et contente ! Je ne pensais pas voir autant de neige au Pérou. C’est presqu’une mini tempête, un brouillard de neige pendant environ 20 minutes. Une pensée me vient alors à l’esprit : j’espère que l’autobus a de bons pneus…

Après avoir resté pris plusieurs minutes dans le trafic de la ville de Juliaca, on arrive finalement à Puno en début de soirée. Puno est une ville portuaire située à 3830 mètres d’altitude. Elle est souvent surnommée la capitale folklorique du Pérou avec ses quelques 300 danses traditionnelles, plusieurs datant de l’époque précolombienne. La majorité de la population sont descendants des populations indigènes Quechua et Aymara.

Ce soir, nous n’avons rien de particulier à l’horaire. Mon père et moi on se rend dans un resto italien où l’on déguste un bon spaghetti bolognaise (papa) et une délicieuse pizza (moi). Miamm ! Ce soir on dort à l’Hôtel Manco Capac qui signifie « premier Inca ». Aux environs de minuit, on assiste à une méga engueulade d’un jeune couple de Français bien malgré nous… Hé oui les murs sont en carton et le hall d’entrée est écho… Disons que ça n’a pas été facile de s’endormir !

lundi 26 novembre 2012

Aventures dans le Canyon del Colca




26 novembre :
Troupeau d'alpacas
Très mignonne vicuña (vigogne)
Ce matin, nous quittons Arequipa pour une excursion de 4 jours vers le Canyon del Colca à environ 4hrs de route. Le départ s’effectue très tôt le matin et nous prenons place à bord d'un minibus. Sur la route, nous faisons quelques arrêts pour observer les camélidés (lamas, alpacas, vicuñas) ainsi que le paysage montagneux avec les nombreux volcans aux alentours. Nous retrouvons plusieurs points de vente d'artisanat où les señoras sont vêtues en habits traditionnels de la vallée del Colca. Un peu plus loin, nous nous arrêtons à un endroit pour boire un maté de Coca, une sorte de tisane aux feuilles de Coca, pour prévenir les désagréments de l'altitude... car nous allons bientôt atteindre l'altitude de 4900 mètres ! Dennis nous donne aussi des bonbons fait à base de coca. Nous faisons également l’expérience de mâcher quelques feuilles de coca, mais le goût amer ne me plait pas du tout. On reprend la route… À part une sensation de fatigue et de somnolence, ça se passe très bien pour mon père et moi. Mais à un moment donné, lorsqu’on s’approche du point le plus haut en altitude, il y a un petit garçon qui commence à se lamenter. Il se sent mal… Alors la guide qui nous accompagne lui fait respirer de l’alcool pour soulager les symptômes. Après quelques minutes il se sent mieux. Notre première destination est le village de Chivay (altitude: 3650 m) où nous sommes arrivés vers l'heure du dîner. Nous mangeons dans un restaurant qui offre un buffet varié avec de la nourriture typique péruvienne. C'était excellent ! Après dîner, nous rejoignons notre hôtel pour nous reposer un peu. Je fais une sieste d’environ 2 hrs… Wow, ce n’est pas dans mes habitudes ! Mais ça fait vraiment du bien !

Chivay (altitude: 3650 m)
Pour le souper, on se rend dans un restaurant où nous assistons à un spectacle de musique avec les flûtes de pan et danses traditionnelles. Même si c’est la troisième fois que je vis l’expérience, je trouve ça toujours aussi divertissant ! Mon père aime bien l’ambiance aussi. Le plus drôle a été quand il a été invité à aller danser avec la señora. Il s’est mis à faire les mêmes gestes que le couple de danseurs. C’était tellement drôle de voir mon père danser comme ça et surtout lorsqu’il a fait le « bacon » sur le sol, j’en ai ri aux larmes ! Ce qui est bien c’est que Dennis a réussi à filmer tout ça avec ma caméra. Il faut absolument voir la vidéo… c’est quelque chose ! Fous rires assurés ! Pour ma part, lorsqu’il y a de la musique je ne peux m’empêcher d’aller danser… alors j’y suis allée à mon tour ainsi qu’une bonne partie des gens qui se trouvaient là. On faisait la ronde à travers tout le restaurant, les serveuses avaient du mal à se frayer un chemin. On s’aperçoit vite qu’on est en altitude car le souffle est plus court. Finalement, le groupe de musique termine vers 21hrs. Chacun retourne à son hôtel, car demain le lever s’effectuera très tôt pour la plupart. Bref, cette belle soirée nous a permis encore une fois de nous plonger dans la culture andine péruvienne !



27 novembre :

Église du village de Maca
Plaza du village de Yanque
Ce matin, nous quittons très tôt Chivay pour nous rendre en direction du Canyon del Colca. Sur la route, nous faisons quelques arrêts dans les petits villages de Yanque et Maca. Dans le premier, il y a des petites filles vêtues d'habits traditionnels qui effectuent une danse autour d'une fontaine de la Plaza centrale. C'est beau à regarder ! Dans le deuxième, il y a une superbe petite église blanche.  Non loin de là, des señoras encouragent les touristes à se faire photographier avec des aigles sur l'épaule ou sur la tête moyennant un petit montant d'argent. Malheureusement, ces aigles ont été capturés et maintenus en captivité. Parfois, ils essaient de s'envoler, mais ils ne peuvent pas car il y a une corde accrochée à leur patte pour les empêcher. Je me suis rendue compte que comme touriste il faut faire bien attention à ce que l'on fait, comme par exemple encourager une telle pratique, car parfois cela peut avoir un impact négatif sur la faune et la flore... C'est sûr que pour les photos ça peut être ben impressionnant, mais il faut penser un peu plus loin que ça... Dennis nous explique comment différencier les peuples vivants dans la Vallée (Comagua) versus ceux vivants dans le Canyon (Cabana) en regardant leurs habits traditionnels. C'est la forme et la couleur de leur chapeau qui les distingue plus particulièrement. Je trouve ça très intéressant
d'apprendre davantage sur cette culture. 

2 señoras cabanas (à gauche) et 1 señora comagua (à droite)



Une señora cabana (à gauche) en train de jaser avec une señora comagua (à droite)

Une femelle condor

Finalement, nous arrivons à la Cruz del Condor un endroit très touristique mais aussi stratégique pour observer les condors planer sur le bord des falaises rocheuses surplombant le canyon del colca. Ces oiseaux sacrés des Andes sont tout à fait majestueux... Leurs ailes, une fois déployées, peuvent atteindre une envergure de 3,20 mètres !! L’an passé quand je suis venue ici, j’ai eu la chance d’observer plusieurs condors, mais ce matin nous ne sommes pas chanceux… Il y a plein de touristes en attente avec leur caméra, prêts à saisir le moment où ils apercevront un condor en plein vol. Malheureusement, il n’y en a pas du tout aujourd’hui… sauf peut-être une femelle un peu en retrait plus bas sur un rocher, mais difficile de la prendre en photos. Dennis nous dit que ce n’est pas la saison idéale pour observer les condors étant donné que c’est la période de nidification, donc les femelles restent au nid pour couver leurs œufs. Après plusieurs minutes d’attente, c’est avec déception que nous devons nous résigner à partir…

Canyon Colca
On poursuit notre chemin en direction du village de Cabanaconde où nous avons faisons quelques provisions d'eau, de fruits et collations car nous passerons les 2 prochains jours dans le canyon del Colca. Ce canyon aurait été identifié récemment comme étant le plus profond au monde avec une profondeur de 3400 mètres !! Bien entendu, nous n'avons pas descendu dans la partie la plus profonde. Étant donné que mon père a des problèmes de genoux, il a été convenu que nous allions effectuer le trajet jusqu’au fond du canyon à bord de mules (Luisa, Christina, Juanita) louées chez le señor Benito que Dennis connait bien. Nous débutons notre descente dans le canyon vers la fin de l'avant-midi. Benito et sa conjointe nous accompagne pour conduire les mules. C’est là que je me rends compte que descendre un sentier assis sur une mule c’est complètement différent que de monter… Ayoye, ça fait mal aux fesses en maudit. À chaque fois que la mule descend une roche, tu reçois le contre-coup dans le cul ! Il faut vraiment bien se tenir sur la selle devant et derrière car sinon tu peux te retrouver catapulté par-dessus la mule… Un sport extrême quoi ! Mais je peux vous assurer que ce n’est vraiment pas le miens ! Après avoir enduré pendant 45 minutes, je demande à descendre, je suis pu capable ! Mon père trouve cela tout aussi difficile que moi, mais il n’a pas vraiment le choix… ça serait probablement encore pire pour ses genoux de descendre sur le terrain glissant parsemé de roches instables mélangées à du sable poussiéreux.

Vue sur l'oasis dans les profondeurs du canyon
« Paraiso las palmeras »
On me demande de marcher devant les mules afin d’éviter la poussière derrière. Je me dépêche donc à descendre rapidement pour ne pas ralentir la troupe. Ce n’est pas évident de descendre ce type de terrain. À tout moment, tu peux perdre pied sur les cailloux qui roulent et le sable ou encore te verser une cheville sur une roche instable. Il faut faire attention… La descente était quand même longue et un peu pénible pour les cuisses et genoux (je n'avais pas apporté mes bâtons de marche)...  J’ai même perdu la semelle d’une de mes espadrilles ! Même si c’est ma 3e descente du canyon, c'est tout de même génial de revoir les mêmes paysages, les mêmes petits villages en flanc de montagne et l'oasis verdoyant au plus profond du canyon. Après avoir descendu un dénivelé de 1000 mètres, nous nous retrouvons à Sangalle, mieux connu sous le nom d'oasis. Il s'agit d'une petite île verdoyante au beau milieu du rio Colca. Nous nous arrêtons à un endroit surnommé  Paraiso las palmeras (Paradis des palmiers) pour manger un bon dîner et pour nous rafraîchir dans la piscine. Quel endroit relaxant et rafraichissant ! Ça faisait du bien... surtout après avoir parcouru les sentiers poussiéreux et secs de la montagne.

Rio Colca
Après deux ou trois heures de repos nous devons repartir en direction du pueblo où nous passerons la nuit. Nous récupérons les mules et nous traversons le rio Colca en empruntant un petit pont. Nous remontons quelques centaines de mètres à flanc de montagne et nous traversons les petits villages de Cosnirhua et Malata. La culture principale de ces villages est fruticole: on y récolte des fruits à profusion en saison ! Un peu plus loin, on se promène le long d’un réseau de canaux d'eau approvisionnant les villages. L'eau provient du rio Bomboya qui prend sa source dans les montagnes du canyon. C'est bon de se promener au bruit rafraichissant de l'eau qui s'écoule... J'adore la nature et plus particulièrement les cours d'eau ! On aperçoit tranquillement le soleil qui est sur le point de disparaître derrière les montagnes. Un coucher de soleil en plein canyon, c’est vraiment une belle ambiance ! 

Village à flanc de montagne près du canyon Colca
Quelques minutes plus tard nous arrivons enfin dans le petit village de San Juan de Chuccho. Nous allons héberger chez Gloria, une señora qui offre des chambres (petites cabanes) et prépare des repas pour les touristes. C’est un plaisir pour moi de revoir Gloria et son mari que j’avais connu lors de mon séjour l’an passé. Ils sont toujours aussi accueillants. Nous faisons aussi la rencontre d’un couple de Belges avec qui on jase un peu. Je me rends compte bien vite que j’ai mal aux cuisses et que je suis raquée de ma descente… Mon père se plaint également… Il a mal aux fesses et aux jambes, il n’a vraiment pas aimé l’expérience des mules. Avec le frottement de ses jambes sur la selle, il s’est fait une irritation de la peau. Bon, c’est le moment de prendre une douche avant le souper. Le plus surprenant, c’est qu’il y a de l’eau chaude… au grand plaisir de mon père ! Je ne me rappelais pas qu’il y avait des douches chaudes l’an passé. C’est probablement un nouvel ajout… question d’attirer davantage de touristes. Il y a aussi l’électricité. Lorsque fut venu le moment de prendre ma douche, il n’y avait pratiquement plus d’eau chaude. Je pense que papa a exagéré un peu et la réserve s’est presque vidée… On a eu droit à un bon souper que l’on a partagé avec les Belges. Une très bonne soupe en entrée !

La nuit est tout simplement magnifique dans le canyon… Lorsque le temps est clair, on peut observer le ciel avec ses milliers d’étoiles, plus nombreuses et plus brillantes que n’importe où ailleurs. On peut également entrevoir l’ombrage des imposantes falaises surplombant le canyon. Je m’émerveille à chaque fois !

Après avoir le souper, j’ai commencé à me sentir mal… une sensation de lourdeur dans l’estomac. J’avais un peu mal au cœur. Il était déjà tard et nous allions nous préparer à dormir. Le fait d’être allongée dans mon lit n’a pas aidé ma digestion… J’ai tout de même réussi à m’endormir. À un moment donné, je me suis retournée et j’ai senti une grande nausée. Je me suis précipitée hors de mon lit à toute vitesse et j’ai juste eu le temps d’ouvrir la porte de la chambre avant d’être malade à l’extérieur à moins d’un mètre du pied de la porte… J’ai vomi tout mon souper… C’était dégueulasse, en plus j’en avais sur mes bas et mon pyjama… Après cet épisode, j’avais juste envie de pleurer. Il n’y avait personne aux alentours. Je n’ai pas réveillé mon père, il ronflait toujours comme d’habitude. Je me sentais quand même un peu mieux. Je suis allée me brosser les dents et je suis retournée au lit.

28 novembre :

Ce matin à mon réveil, je ne me sens pas encore très bien… Je me demande bien pourquoi j’ai été malade cette nuit. Une indigestion peut-être ? Je me sens encore plus raquée que la veille, mes cuisses sont très douloureuses, j’ai de la misère à descendre les quelques marches d’escaliers qui se trouvent sur le site. Je réussis quand même à manger le petit déjeuner : de délicieuses crêpes aux bananes… au goût des touristes, bien entendu !

Élevage de cochon d'inde
Nous profitons de notre avant-midi libre dans l’hacienda. Moi je m’étends sur la pelouse à l’ombre et je me repose un peu question de récupérer des forces. Je me sens encore faible. Il fait bon de relaxer doucement dans ce petit havre de paix dans le fond du canyon. C’est un endroit très tranquille comme je les aime, loin des klaxons et de la pollution de la ville… Mon ami Dennis fait de la méditation alors que mon père va se promener aux alentours. Il découvre un élevage de cochons d’inde et de porcs. Je crois qu’il s’est retrouvé sur la propriété d’un voisin.


On dîne également à l’hacienda. J’essaie de manger léger… la soupe principalement. Je dois avouer que les soupes au Pérou sont vraiment très bonnes. La soupe fait partie intégrante du repas, contrairement aux desserts… les Péruviens en mangent rarement. Moi ça fait bien mon affaire ! Je commence à me sentir mieux dans l’après-midi et je n’ai plus mal au cœur.
Après s’être reposés et avoir profité de la tranquillité de l’endroit, nous saluons Gloria et son mari et nous retrouvons nos amies les mules et la femme de Benito vers 14hr30. On se prépare pour la remontée du canyon mais par un chemin différent que la veille. On traverse à nouveau le rio Colca en empruntant un joli petit pont. Puis, on suit le chemin rocailleux qui serpente la paroi du canyon jusqu’au sommet quelques 1000 mètres plus haut. La remontée à dos de mules est vraiment moins pénible que la descente, ça fait beaucoup moins mal aux fesses. Cependant, la mule sur laquelle mon père est assis, Luisa, est un peu paresseuse et ne cesse de s’arrêter pour brouter de petits arbustes ou pour prendre des pauses. La señora propriétaire lui crie toujours : « Mulaaa… Luisa ! » et elle lui fait peur avec un petit bâton. Mon père essaie de l’encourager de la même manière. Il me fait bien rire quand il dit « Holà.. » au lieu de dire « Mulaaa… ». À la fin il devient expert pour faire avancer la mule. Aujourd’hui, c’est une journée nuageuse… La remontée est longue et il commence à faire froid. À quelques centaines de mètres du sommet, quelle ne fut pas notre surprise d’apercevoir un condor survoler la falaise… Impressionnant ! J’étais très contente pour mon père qui n’avait pas eu la chance d’en voir il y a 2 jours. Le condor semblait nous encourager dans notre remontée. Il planait doucement au-dessus de nos têtes ! Une demi-heure plus tard, nous atteignons enfin le sommet. Il fait vraiment plus froid qu’à l’intérieur du canyon. Il nous reste encore quelques kilomètres à parcourir pour revenir jusqu’au village de Cabanaconde.


Mon père et moi sommes très impressionnés par la señora qui nous accompagne. Elle dirige les mules et effectue tout le trajet à pied avec comme chaussures de simple sandales en caoutchouc… Imaginez ! Ce qui m’a fait bien rire c’est qu’à un moment donné elle a sorti de son sac un cellulaire avec lequel elle a fait un appel. Ça faisait tellement bizarre de voir cette femme de la campagne, vêtue rustiquement et conduisant les mules, avec en main un téléphone cellulaire symbole de la technologie moderne ! Pour moi, c’est comme s’il s’agissait d’un anachronisme ! Par contre, il faut avouer que le cellulaire est un élément très utile pour faciliter la communication et assurer la sécurité dans un espace aussi grand que le canyon Colca. Bien plus utile qu’un téléphone fixe à la maison.
Un peu fatigués de chevaucher les mules, nous redescendons sur la terre ferme et nous effectuons les 2 derniers kilomètres à pieds jusqu’au village de Cabanaconde. On salue et remercie chaleureusement la señora avec ses mules puis on se dirige vers notre hôtel où nous avions laissés nos gros sac-à-dos 2 jours plus tôt. Notre chambre se trouve à l’étage. J’ai toute la misère du monde à remonter et descendre l’escalier avec mes douleurs musculaires. J’ai une pensée toute spéciale pour mes patients… on peut dire que je les comprends en ce moment. Je me sens vraiment « handicapée » ! Mon père aussi est très raqué. Il n’a pas trouvé ça facile de descendre et remonter le canyon avec une mule. Une chance que les beaux paysages et le séjour dans l’auberge de Gloria en ont valu le coup ! Par contre, je ne crois pas qu’il renouvellerait l’expérience… Pour ma part, si je reviens un jour je crois bien que j’effectuerais la randonnée à pied (comme la 1ere fois en 2006) mais je n’oublierais pas mes bâtons de marche, ça c’est sûr… On prend une bonne douche et on se repose un peu avant le souper. Aucun plan de prévu pour la soirée. Bon souper en compagnie de Dennis et mon père et ensuite c’est l’heure du dodo !

29 novembre 2012 :

Ce matin nous reprenons un bus colectivo pour effectuer le trajet du retour en direction de Chivay. On s’arrête à nouveau à la Cruz del condor pour voir si nous pourrions être plus chanceux que la première fois… mais malheureusement toujours pas de condor en vue… à la déception de tous ! On poursuit le trajet sans faire trop d’arrêt cette fois-ci. À Chivay, nous dînons au même restaurant buffet que nous étions allés 3 jours plus tôt. Les plats sont un peu différents mais la nourriture est toujours aussi délicieuse !

Après avoir mangé, on prend un taxi en direction d’un endroit bien spécial que Dennis voulait nous faire connaître : « El Refugio » (Le Refuge). Il s’agit d’un hôtel de luxe situé dans un coin retiré du canyon Colca. Les chambres sont vraiment superbes et les lits hyper confortables avec couette en duvet.  Le complexe hôtelier inclus également des bains thermaux à deux pas des chambres. On peut en profiter autant de fois que l’on désire pendant la journée et la soirée, serviettes et peignoirs fournis.

Wow, je ne suis pas habituée à autant de luxe ! Normalement, je me satisfais bien d’un lit à 10 $ la nuit dans un dortoir d’auberge de jeunesse. Là c’est une toute autre gamme de prix ! Mais je dois dire que je suis contente pour mon père, ça va lui faire du bien après cette expédition dans le canyon, qui lui a été assez exigeante physiquement… Et je dois avouer que moi aussi je vais apprécier cette petite halte dans ce lieu paisible et confortable. Ça ne me dérange pas trop de payer plus cher cette fois-ci !


Dans l’après-midi, j’effectue une première petite « saucette » dans les bains thermaux… Wow ! L’eau chaude et les nombreux minéraux permettent de soulager un peu mes muscles endoloris. Lorsqu’on remue l’eau un peu avec les pieds, on voit que l’eau pétille en surface pendant quelques secondes. Il s’agit vraiment d’une eau remplie de minéraux en provenance des sources souterraines réchauffées par l’activité volcanique en profondeur.


Étant donné que le restaurant de l’hôtel est vraiment hors de prix, mon père et moi on s’improvise un bon petit snack dans notre chambre d’hôtel. Dans la soirée, je navigue sur internet et je fais l’achat d’un billet d’avion en ligne Lima - Cuzco qui me permettra de poursuivre mon voyage vers le nord du Pérou une fois que mon père sera reparti au Québec.  Au coucher du soleil, le ciel est magnifique passant des couleurs orangé, rose et mauve… Peu de temps après on voit apparaître la lune qui est presque pleine, c’est magique ! Alors que mon père retourne profiter des bains thermaux, moi je retourne à l’écriture de mon blog… j’ai accumulé un certain retard, comme d’habitude ! Il est 1 heure du matin lorsque je décide de me rendre aux bains thermaux juste avant d’aller dormir, on m’avait dit qu’ils étaient ouverts 24hr/24. Quelle ne fut pas ma déception lorsque je suis arrivée sur place et que je me suis rendue compte qu’il ne restait qu’un pied de profondeur d’eau dans le bassin… Il devait probablement effectuer un changement de l’eau à toutes les nuits. J’étais assez déçue ! Je suis revenue à la chambre et je me suis contentée de prendre un bon bain chaud… J’ai tout de même passé une excellente nuit dans mon lit douillet ! 
 
 30 novembre 2012 :

Quelle chance ! Ce matin à l’hôtel on a droit à un petit déjeuner brunch copieux et varié : pain, toasts, fromage, œufs brouillés, viandes froides, yogourt, fruits, céréales… Franchement très satisfaisant ! Il manquait juste le creton et les petites patates rissolées !! Depuis notre arrivée au Pérou, les petits déjeuners inclus à l’hôtel consiste généralement en de petites miches de pain (presque sans mie à l’intérieur) avec beurre ou confiture de fraises et café instant… parfois un jus de fruit lorsqu’on est chanceux. Donc il n’y a pas de quoi s’émerveiller avec les déjeuners. Il faut dire que mon père commençait vraiment à être tanné et il s’ennuyait de son beurre de peanut. Bon, on ne doit pas se plaindre, mais c’est vrai que parfois il y a des choses qui nous manquent de chez soi. Je crois que c’est tout à fait naturel ! C’est pour cela que ce matin, on apprécie vraiment la diversité de la nourriture !! On partage le moment du déjeuner avec un monsieur français très gentil. Il nous raconte qu’il a travaillé plusieurs années au Pérou pour l’Alliance française et maintenant il revient à nouveau pour visiter. Nous avons eu une belle discussion avec lui.


On profite encore toute l’avant-midi à notre hôtel de luxe !! Je retourne aux bains thermaux pour poursuivre la thérapie musculaire de mes jambes encore douloureuses, mais ça commence à aller un peu mieux, lentement mais sûrement… On peut dire que ce court séjour passé à l’hôtel « El Refugio » complète parfaitement bien notre excursion de 5 jours dans le Canyon del Colca !

dimanche 25 novembre 2012

Tour de ville d’Arequipa et ses environs

La Cathédrale d'Arequipa
Plaza de armas


Volcan « El Misti »
Arequipa est la deuxième plus grande ville en importance au Pérou avec une population de près d’un million habitants. Cette jolie ville coloniale est située au sud du pays à 2325m d’altitude.  Elle se trouve au creux d’une vallée fertile entourée de 3 volcans : Chachani (6075 m), El Misti (5822 m) et Pichu pichu (5571 m). Arequipa est surnommée la ciudad blanca (ville blanche) probablement en lien avec la couleur blanche des anciens bâtiments construits principalement en sillar, une roche volcanique claire qui scintille au soleil. Certains disent que le nom Arequipa proviendrait de la langue indienne aymaraAri signifie « sommet » et quipa signifie «situé derrière » qui se traduit donc par « l’endroit derrière la montagne » dans ce cas-ci  El Misti. D’autres prétendent que le nom de la ville proviendrait d'une exclamation de l'Inca Mayta Capac, émerveillé en découvrant ce site :« aryquepay» (Oui, restons ici !)  en langue quechua. Arequipa est une ville où se produisent de nombreux tremblements de terre. Le plus récent et important séisme s’est produit en juin 2001. Il a détruit complètement l’un des clochers de la cathédrale alors que l’autre était grandement endommagé. Arequipa est une ville paisible entourée de paysages magnifiques et ensoleillée presque toute l’année !

La vallée et les volcans
 
Petit rafraîchissement... Queso helado !
Aujourd’hui dimanche, mon père et moi avons effectué une visite de 4hrs des différents quartiers de la ville d’Arequipa à bord d’un autobus touristique. Parmi les endroits visités, il y a la Mansion del fundador, ancienne maison de Garci Manuel de Carbajal, fondateur de la ville, ainsi que le Molino de Sabandia, le seul et unique moulin à eau en banlieue de la ville. Également, nous avons pu admirer la ville, ses environs, ses cultures en terrasse et ses montagnes à partir de deux observatoires : le Mirador de Yanahuara et le Mirador de Carmen alto. Notre guide à bord de l’autobus était très gentille. Elle me laissait même du temps pour me permettre de traduire en français pour mon père. On déguste le queso helado, une crème glacée typique arequipena.


La Plaza de armas était très animée ce matin. Il y avait un regroupement de plusieurs professionnels de la santé (infirmières, dentistes, pharmaciens) et autres professions (guides touristiques, comptables, etc), chacun avec son uniforme. Ils étaient très nombreux et occupaient les quatre coins de la place. Je ne sais pas trop ce qu’ils faisaient exactement, ça ressemblait à une petite manifestation pacifique. Il semblerait que ce genre de regroupement est assez fréquent dans la ville d’Arequipa.


Dans l’après-midi, mon père est allé faire du rafting avec Dennis sur la rivière Chili. Puisque que j’avais déjà fait cette activité lors de ma plus récente visite au Pérou, j’ai décidé de ne pas y retourner. Je suis donc restée à l’hôtel pour me reposer un peu et faire la mise à jour de l’écriture de mon journal.

samedi 24 novembre 2012

Juanita la « Princesse des glaces »


Ce matin, mon père et moi faisons la grâce matinée étant donné notre arrivée tardive de la veille. Lever à 8hr30 du matin. On prend le petit déjeuner à l’hôtel. Peu élaboré : café, pain, beurre et confiture. Notre guide Dennis nous rejoint à l’hôtel vers 10hrs.

D’abord, il nous amène faire la visite du Museo Santuarios Andinos. Nous y faisons la découverte de la momie Juanita, une jeune fille inca de 12-14 ans qui a été sacrifiée au sommet du volcan Ampato il y a plus de 500 ans. À cette époque les Incas vénéraient les montagnes car elles représentaient des dieux pour eux. Lorsque les volcans actifs crachaient la fumée et se mettaient à gronder, cela représentait la colère des dieux. Les Incas procédaient alors à des sacrifices humains au sommet de la montagne afin d’apaiser la colère des dieux et empêcher les éruptions volcaniques. La plupart du temps il s’agissait du sacrifice d’une jeune fille pure et naïve élue par le peuple. Les Incas entreprenaient alors un long voyage de plusieurs semaines de marche sur plusieurs centaines de kilomètres à travers les Andes au cours duquel l’élue ne mangeait que du maïs et des feuilles de coca et buvait de la chicha. Arrivés à destination, les Incas escaladaient la montagne jusqu’à son sommet. Ils procédaient alors à une cérémonie funéraire. Le corps de la jeune fille était recouvert de tissus finement tissés et d’un manteau ainsi qu’une couronne en plumes reposait sur sa tête. Au cours de la cérémonie, elle devait boire un breuvage alcoolisé nommé chicha qui allait l’endormir juste avant le moment de sa mort. Elle était ensuite déposée dans une tombe funéraire entourée d’objets de valeur, tels que des statuettes en or, des poteries et autres types d’offrandes. Finalement, on l’assenait d’un coup de massue fatal sur la tempe et la tombe était refermée. Juanita a été découverte en 1995 au sommet du volcan Ampato par un alpiniste-archéologue américain. Son corps avait été maintenu congelé pendant plus de 500 ans dans ce froid glacial en altitude. Cependant, en raison des éruptions récentes du volcan voisin Sabancaya qui avait jeté des cendres tout près de la tombe, la neige avait fondu révélant ainsi sa sépulture. Juanita n’est pas une momie proprement dite puisqu’elle a conservé tous ces organes internes. Après avoir été redescendue de la montagne, la « princesse des glaces » a subi une multitude d’analyses scientifiques. Aujourd’hui le corps de la jeune fille est exposé et maintenu congelé dans une chambre froide vitrée à l’intérieur du Museo Santuarios Andinos. Mon père et moi avons effectué la visite guidée du musée. D’abord, on nous présente un petit documentaire relatant l’histoire présumée du destin de Juanita ainsi que l’expédition aboutissant à la découverte de son corps en 1995. Finalement, on se rend jusqu’à une salle où l’on découvre le corps congelé de la jeune fille. C’est quelque chose d’assez exceptionnel !






Couvent Santa Catalina
Dans l’après-midi, nous poursuivons la visite de certains attraits touristiques de la ville tels que la Plaza de armas, la cathédrale, l’église des Jésuites, ainsi que le mercado de San Camilo. Nous visitons également le couvent de Santa Catalina qui a été construit en 1580. Il s’agit en fait d’un immense couvent. Sa superficie couvre 20 000 m2 ! Il possède des ruelles étroites et sinueuses, des cours intérieures et des petites plazas. Le couvent forme presque une ville au cœur même de la ville d’Arequipa. Les bâtiments sont décorés de couleurs pastel et il y a beaucoup de fleurs sur le site. À l’époque, on acceptait seulement les jeunes filles issues des meilleures familles espagnoles. Ces dernières devaient payer un montant d’argent substantiel pour faire entrer leur fille au couvent dès l’âge de 12-13 ans. Il ne s’agissait pas d’une vocation, les fillettes étaient obligées de devenir religieuses car cela était une tradition d’avoir au moins une religieuse dans la famille. Un siècle plus tard, il y a eu des abus. Les religieuses de Santa Catalina possédaient leur propre maison individuelle ainsi que 3 ou 4 servantes ou esclaves (généralement noires). Conservant leur train de vie elles pouvaient inviter des musiciens et organiser des réceptions. Au 19e siècle, le pape restaura la discipline dans le couvent en éliminant la richesse et le trop grand confort des religieuses. Il fit libérer les multiples servantes. Aujourd’hui, il y a environ une trentaine de religieuses cloitrées qui vivent dans la partie moderne du couvent, alors que le reste est ouvert au public depuis 1970.

En fin de journée, on découvre le Mundo Alpaca où mon père et moi nous nous amusons à nourrir les alpacas et les lamas directement dans leur enclos. 
 












On visite également les lieux qui nous permettent de mieux différencier les camélidés, de mieux comprendre le processus de tri et de transformation de la laine ainsi que la technique de tissage et de fabrication des tissus. 

 
On retourne juste à temps à l’hôtel pour y observer le coucher du soleil du haut de la terrasse. Vraiment magnifique ! En soirée, nous allons souper au Wayrana, un très bon restaurant typique de la gastronomie d’Arequipa. 

 
J’y déguste en entrée un rocoto relleno (poivron farci avec viande, gratiné) et un pastel de papa (tarte de patates et oeufs), comme repas principal un délicieux filet d’Alpaca aux herbes andines servi avec pommes de terre et légumes, et enfin un queso helado (lait glacé à la vanille et cannelle) comme dessert. Miamm !


 Ouff ! Quelle journée bien remplie !