vendredi 23 novembre 2012

Des momies et des poteries


En début d’après-midi, le taxi nous transporte jusqu’à 2 autres sites situés tout près de la ville de Nazca. Il faut dire que je ne suis pas tout à fait remise des effets du vol d’avion. Je me sens encore faible et un peu au ralenti… Tranquillement, mais sûrement…


On visite d’abord le cimetière de Chauchilla qui contient des ossements, des crânes et des momies nazca datant de 1000 à 1300. Les tombes avaient d’abord été pillées, dérobées de leurs trésors, puis abandonnées. Aujourd’hui, les momies ont été soigneusement disposées dans une douzaine de tombes à ciel ouvert que l’on peut découvrir en empruntant un sentier balisé. Ça fait un peu bizarre de voir autant de momies dans un seul endroit. Il y a même des momies de petits bébé disposées autour des tombes principales. Ils avaient dû servir d’offrande lors de la mort de personnes importantes. Pratique assez particulière et difficile à comprendre pour notre époque contemporaine !





Ensuite, on visite un atelier de fabrication de poteries. Un homme nous explique comment il fait la reproduction des poteries nazca selon les anciennes techniques utilisées à l’époque, allant du modelage, à la décoration avec peinture et pigments minéraux naturels jusqu’au procédé de cuisson. Les poteries reproduites ressemblent énormément aux originales. J’étais impressionnée d’observer cet artiste à l’œuvre, moi qui ne possède pas vraiment ce talent manuel… On visite finalement la boutique où il y a plusieurs centaines de céramiques plus impressionnantes les unes que les autres. Papa en achète une comme souvenir, elle est très jolie.



Vers la fin d’après-midi, on prend l’autobus pour un long trajet de 10hrs en direction d’Arequipa où nous arrivons passé minuit. Au moins, nous sommes très confortables, nos sièges peuvent s’allonger complètement pour former un grand fauteuil de type El-Ran. Un repas chaud nous est servi à bord et nous avons même accès à internet Wi-Fi lorsque nous passons dans les villes ! On appelle ça du luxe !

Survol des lignes de Nazca



Ce matin un taxi nous amène en direction de l’aérodrome de Nazca. Nous allons effectuer le survol des mystérieuses lignes de Nazca. Il existe environ 800 lignes droites, 300 figures géométriques et 70 dessins spectaculaires représentant des plantes et des animaux. Elles sont dispersées sur une plaine désertique de 500 km2. Elles ont été découvertes en 1939 par un scientifique américain qui survolait le désert. En effet, presque invisible au niveau du sol, ce n’est qu’en survolant le territoire que l’on découvre ce réseau impressionnant de gigantesques figures stylisées et de lignes. Elles ont été tracées en enlevant les pierres sombres de la surface et en les empilant de chaque côté des lignes, révélant ainsi un sol plus clair (riche en gypse). Ces lignes auraient été réalisées par la culture des Nazca, entre 900 ans av. J-C. et 600 ans de notre ère, mais on ne connait toujours pas leur signification exacte ni les raisons pour lesquelles elles ont été tracées. Il existe tout de même plusieurs hypothèses. Il aurait pu s’agir d’un calendrier astronomique permettant de coordonner les travaux agricoles avec les changements de saison. Les lignes auraient pu former des sentiers rituels reliant différents sites cérémoniels. Une autre théorie affirme que le tracé de ces lignes reposerait sur un culte de la montagne, de l’eau et de la fertilité. Il existe également des théories surréalistes comme quoi les lignes constitueraient des pistes d’atterrissage pour des engins extraterrestres !

Nous avons dû attendre plus d’une heure dans l’aérodrome avant qu’on nous confirme enfin l’heure de notre vol. Cela dépend beaucoup de la météo (brouillard, vents, etc.) et parfois le vol peut être décalé de plusieurs minutes. Ensuite, on passe les procédures de sécurité et on attend encore quelques minutes. Finalement, on se retrouve à l’extérieur sur la piste et on marche en direction de notre petit avion. Nous sommes 6 passagers au total (4 touristes, 1 pilote et 1 co-pilote). L’ordre dans lequel on embarque dans l’avion est déterminé en fonction du poids de chaque passager. Ah oui, j’avais oublié de vous dire qu’il nous avait préalablement pesés la veille au moment de l’achat de notre billet. Il devait même pesé l’appareil photo que nous allions apporter avec nous à bord de l’avion ! Assez précis merci ! Je suis la dernière à embarquer. Je suis très excitée à l’idée de décoller et d’explorer ces fameuses lignes ! On met des écouteurs sur nos oreilles et le pilote nous explique un peu comment se déroulera le vol. Le décollage s’effectue parfaitement. 

Forme géométrique: Le Triangle


L'Astronaute
Et c’est parti ! On est rendu en plein vol ! L’avion suit le trajet déterminé. On découvre les premières lignes et figures. Ils ne sont pas toujours faciles à distinguer mais le pilote nous donne suffisamment d’information pour qu’on réussisse finalement à les voir. Il effectue des virages afin que les passagers de chaque côté de l’avion puisse voir les dessins, donc à droite et à gauche à chaque fois. Ce qui fait en sorte que l’avion virevolte toujours sur lui-même et penche beaucoup d’un côté et de l’autre. Je commence à avoir un peu mal au cœur, mais je continue à prendre des photos. Le vol dure environ 30 minutes. On découvre de parfaits triangles et lignes droites. On distingue plusieurs dessins : une baleine, un colibri, un condor, un bonhomme avec une tête de hibou appelé l'astronaute, une araignée, un singe avec une énorme queue en spirale, etc.



La Baleine

C’est assez impressionnant ! Surtout quand on pense que les Nazca ont tracé ces lignes sans même pouvoir les voir puisqu’ils ne pouvaient pas les survoler à l’époque… Pendant le vol, mon mal de cœur s’intensifie et je me mets à avoir de grosses sueurs froides. Je ne me sens vraiment pas bien et j’ai peur d’être malade… J’arrête de prendre des photos et je donne mon appareil à mon ami Dennis. Je me concentre et je m’efforce à prendre de grandes inspirations. Je réussi quand même à regarder brièvement
Le Colibri
les derniers dessins, mais c’est pas facile… J’ai juste hâte qu’on revienne sur la terre ferme. Mon père lui n’a aucun problème et il se sent très bien. Je crois que je réagis comme ça parce que j’ai une légère tendance à faire de la basse pression, donc les virages fréquents de l’avion influence probablement ma pression sanguine. Lorsqu’on atterrit enfin sur la piste, je suis blême, faible et trempée par la sueur… Ouff, quelle expérience ! Malgré tout, je suis très contente d’avoir pu observer ce site considéré comme l’un des plus grands mystères archéologiques du monde !



jeudi 22 novembre 2012

La traditionnelle cérémonie « Pachamanca »


Ce soir nous assistons à la préparation d’un souper bien spécial appelé la Pachamanca. Il s’agit d’un plat typique péruvien accompagné d’un rituel ancestral datant de l’époque de l’Empire incas. Pachamanca est un mot provenant de la langue indienne Quechua où Pacha  signifie « terre » et manka signifie « marmite ». Cela veut dire que c’est un plat préparé à l’intérieur de la terre.  Pour les Incas, la « Terre mère » Pachamama était un élément central de leurs croyances et traditions et elle est toujours très présente dans les régions andines du Pérou. Les descendants des Incas procèdent encore aujourd’hui à des rituels de remerciements à la Pachamama qui leur procure la nourriture pour s’alimenter.

Plus précisément, la Pachamanca consiste à faire cuire des viandes et légumes variés dans un trou creusé à même la terre. La préparation de ce met s’échelonne sur quelques heures. D’abord, des pierres sont chauffées pendant 3-4 heures sur le feu. Ensuite, elles sont déposées dans un trou préalablement creusé. On y dépose la nourriture puis celle-ci est recouverte de feuilles de bananier permettant ainsi de garder un certain degré d’humidité. Ensuite, le tout est recouvert par la terre. La cuisson dure environ 2 heures sous l’effet de la chaleur générée par les pierres incandescentes. Une fois que la nourriture est prête, on procède à une cérémonie de remerciements à la Pachamama (Terre mère).

Nous avons eu la chance d’assister à cette cérémonie en même temps qu’un groupe de jeunes étudiants péruviens du primaire. Ceux-ci parlaient français car ils étudient dans une école francophone au Pérou. La cérémonie a donc été célébrée en français ! D’abord, un parrain et une marraine sont désignés parmi les écoliers. Une petite croix fleurie avec un drapeau péruvien était déjà plantée sur le dessus de la Pachamanca. Les deux jeunes déposent des feuilles de coca sur la terre pour la nourrir. Ensuite, ils versent un peu de chicha (boisson andine faite à base de maïs fermenté) pour abreuver la terre. Il s’agit d’offrandes faites à la Pachamama (Terre mère) pour la remercier. La cérémonie se termine en retirant la croix sur le dessus de la Pachamanca. Finalement, le trou est ouvert et on y découvre la nourriture : pommes de terre, patates douces, épis de maïs, fèves, fromage enveloppé dans des feuilles de maïs, tamales, viande de porc et poulet mariné. Nous avions faim depuis un bon moment déjà, mais l’attente a vraiment value la peine ! Cette technique de cuisson donne une saveur particulière et unique à la nourriture. Wow ! Nous avons eu droit à un véritable festin !!

La Pachamanca est un moment festif très cher au coeur des Péruviens. Il s’agit d’un moment de partage et de découverte intense chargé d´émotions et de tradition. Mon père et moi avons été très contents et privilégiés d’avoir pu découvrir et prendre part à cet élément important de la culture péruvienne !!

 

Visite d’un vignoble et d’une hacienda


Ce matin, on quitte l’oasis de Huacachina et on se rend à quelques kilomètres plus loin à la Bodega El Catador, un vignoble de la région. Un guide nous reçoit pour nous faire visiter l’endroit et pour nous expliquer le processus de production du pisco, la boisson typique du Pérou. Elle est faite à partir d’une variété de raisins verts. Les vignes sont suspendues en hauteur sur des supports afin de contrôler la température du sol par de l’ombrage. Les vendanges ont lieu aux mois de février-mars. Dans ce vignoble, une partie de l’extraction du jus s’effectue encore de façon artisanale, c’est-à-dire en écrasant les raisins avec les pieds ! Les propriétaires engagent des gens qui pilent les raisins pendant pratiquement une nuit complète, c’est une tradition. Le guide nous montre également la façon artisanale d’entreposer le jus dans des grosses cruches pour le processus de fermentation. Jusqu’ici ça ressemble beaucoup à la façon de produire le vin. Cependant, tout comme la plupart des boissons fortes, la fabrication du pisco nécessite une étape supplémentaire : la distillation. On nous montre l’énorme cuve où l’on fait bouillir le liquide fermenté pendant plusieurs heures pour ensuite faire condenser les vapeurs par un système de refroidissement à l’eau. Très intéressant !

Après la visite guidée, on a droit à une petite dégustation des principaux produits du vignoble : vin apéritif  (16%), pisco (40% ayoye !), pisco sour (18%), crème de pisco (17%). Cette dernière est vraiment délicieuse. Ça ressemble un peu à du Baileys, mais elle contient un extrait de figues, miamm ! Le pisco pur est vraiment très fort, TROP fort pour moi… Le pisco sour est un cocktail populaire qui nous est souvent offert dans les bars et restaurants péruviens. Il s’agit d’un mélange de pisco, jus de lime, sucre de canne et blanc d’œuf. C’est bon, mais ça demeure quand même assez fort au goût. Malheureusement, mon père ne peut pas vraiment y goûter car son foie ne digère pas les œufs… Finalement, on nous fait déguster une confiture d’un fruit exotique ainsi qu’un type de chocolat fabriqués dans la région. Ce dernier est rempli avec du caramel et une noix de pacane. Très bon… j’ai un faible pour le chocolat !

Après avoir pris un dîner léger au resto du vignoble, on revient à la ville d’Ica pour prendre un autobus en direction de Nazca, pour environ 3hr30 de route. Une fois arrivés, on se rend directement à l’extérieur de la ville pour rejoindre une petite hacienda (ferme). C’est ici que nous allons dormir ce soir. Avant le coucher du soleil, Dennis nous fait visiter le domaine. On découvre différents arbres fruitiers (manguier, oranger, figuier de barbarie) ainsi que d’autres cultures comme l’arbre cotonnier et le parasite cochinilla, qui appartient à la famille des coccinelles. Ce parasite se développe sur les cactus et il est recueilli pour la production d’un pigment rouge naturel. J’ai été particulièrement impressionnée par l’arbre cotonnier, c’est la première fois que j’en voyais un. Il y avait plein de petites boules de coton de couleur beige, c’est très doux même à l’état naturel !

Ensuite, on découvre les animaux de la ferme : poules, coqs, moutons, chevaux, colombes… et le plus impressionnant des paons ! Wow, quel bel oiseau avec sa longue queue remplie de belles plumes ! C’est le mâle qui possède les plus belles couleurs de plumage : un bleu scintillant pour le cou et des longues plumes verdoyantes pour la queue, tout ça pour courtiser la femelle paon. Par contre, le cri du paon est très agressant à l’oreille… surtout qu’il y en a plusieurs sur la ferme. Ils sont laissés libres. On peut les observer grimper dans les arbres et sur le toit des maisons. Ils sont habiles malgré leur gabarit !

La hacienda Wasipunko est un endroit calme et paisible loin de la ville et de ses klaxons et odeurs d’huile. On est vraiment en pleine campagne ! Ça fait du bien de respirer de l’air pur enfin ! On en profite pour se reposer un peu avant l’heure du souper.

mercredi 21 novembre 2012

Oasis de Huacachina et buggie dans le désert



En après-midi, on arrive à Huacachina un petit oasis entouré d’immenses dunes de sable. Au milieu se trouve un lagon avec des palmiers. Nous sommes dans un vrai désert ! Il fait très chaud et sec. Notre hôtel est vraiment joli et il y a même une grosse piscine creusée. Dès notre arrivée, on se dépêche à mettre nos maillots pour profiter d’une petite trempette dans la piscine.


Vers 4hrs de l’après-midi, on se prépare à une aventure dans le désert. Nous allons faire une ballade à bord d’un buggie des sables appelés arenero. Il s’agit d’un gros 4x4 avec d’énormes roues et une structure externe solide. Il peut contenir 8-10 personnes environ. Le chauffeur nous conduit jusqu’au désert où nous dévalons les dunes à toute vitesse. On se sent comme dans une montagne russe. On se rend compte rapidement de l’ampleur du désert, les dunes sont à perte de vue ! Parfois, le chauffeur prend des virages très serrés et le buggie penche sur le côté... On se met à crier ! Bref, beaucoup d’émotions fortes ! À trois reprises, le buggie s’arrête au sommet d’une dune et on nous remet des planches sand board afin de glisser sur le sable. Certains descendent debout comme sur un snow board.  Moi je préfère sur le ventre, ça va plus vite et c’est moins risqué de tomber. De toute manière je n’ai jamais fait de snow board, alors je ne crois pas que j’aurais été capable de descendre la dune en position debout sur la planche. J’ai filmé la glissade de mon père qui ne se laissait pas impressionner. Il réussissait à prendre beaucoup de vitesse pendant sa descente. Nous restons dans le désert jusqu’au moment du coucher du soleil et on prend quelques photos sur le chemin du retour.


Dès la tombée de la nuit, la température descend beaucoup et il fait assez froid. Ça fait un grand contraste avec le jour où il faisait environ 30 degrés.