samedi 27 octobre 2012

Canyoning, Rappel et Descente de rivière

Après cette incroyable expérience dans la Cueva Antigua, l’aventure était loin d’être terminée. Nous poursuivions maintenant l’excursion à l’extérieur de la grotte. Pendant environ une heure nous suivions le trajet d’une autre rivière en surmontant de grosses roches et en traversant certaines sections avec nos chaussures qui étaient déjà mouillées. La plupart du temps, nous marchions carrément dans la rivière ! On portait toujours nos casques au cas où on glisserait et on se cognerait la tête. Parfois, il y avait des chutes et des cascades. Le paysage était très beau. Toujours la nature à son meilleur ! Sur le chemin, Jonathan nous montre un endroit d’où l’on peut sauter pour se retrouver dans un bassin d’eau plus bas. Il nous fait la démonstration. Un saut d’environ 6 mètres de hauteur, pieds premiers. Encore une fois je me laisse tenter par le goût de l’adrénaline et je m’élance du haut du cap. Yahouuu ! Katie veut elle aussi faire le saut, mais elle démontre certaines craintes… c’est après plusieurs bons mots d’encouragement qu’elle réussit enfin à s’élancer dans le vide. Bravo ! Jonathan nous montre un point encore plus haut (8-9 mètres) où il effectue un autre saut sans aucune crainte. Ça semble tellement facile pour lui. Quand je monte à cet endroit, c’est une autre histoire… Les quelques mètres supplémentaires font toute la différence et mon niveau de confiance n’est plus du tout le même. Je veux tout de même relever le défi ! Je me raisonne en me disant que je peux le faire de façon sécuritaire, la profondeur de l’eau est suffisante. Sinon, le guide ne nous dirait jamais de sauter de cet endroit. C’est là que je me mets à penser aux plongeurs olympiques et à la tour de 10 mètres. De la même manière que ceux-ci se préparent à la réalisation d’un plongeon important, je ferme les yeux et j’effectue une petite séance de méditation. Je visualise mon saut et je contrôle mes émotions internes. Finalement, je fixe un point intensément et je réussis à faire le GRAND saut ! Quelques secondes plus tard, mes pieds pénètrent la surface et je me retrouve rapidement immergée sous l’eau… Mais quelle sensation lorsque je refais surface ! Quel bouillon d’adrénaline pure !! Ça y est j’ai réussi. Une bouffée d’air frais remplit mes poumons pour aussitôt ressortir en un cri de joie et d’accomplissement ! Je me sens revivre carrément ! Après ce saut, je me laisse flotter quelques minutes dans le bassin, regard au ciel, en me disant combien je me sens bien dans cette belle nature…


L’aventure se poursuit encore un peu plus loin. Jonathan installe des cordes d’escalade juste au-dessus d’une chute. Nous allons faire du torrentismo mieux connu sous le nom de canyoning. Il s’agit d’une descente en rappel dans une chute. On enfile le kit d’escalade et Jonathan nous explique les principes de sécurité ainsi que l’utilisation des cordes. Pour ma part, ce sont des choses que je connais déjà bien, mais je fais la traduction à Katie et je réponds à ses questions.  Je suis toute excitée car c’est la première fois que je fais du rappel dans une chute. L’expérience est vraiment incroyable, surtout le moment où les pieds se retrouvent complètement dans le vide et qu’on reçoit l’eau de la chute en plein visage !

Par la suite, on s’arrête prendre une petite collation. Jonathan nous demande alors si ça nous dérange s’il fume. On répond que non. Mais ce que nous ne savions pas quand il disait fumar c’est que ça ne voulait pas dire fumer la cigarette, mais bel et bien fumer un joint ! Et oui… voilà que notre guide était en train de fumer de la marijuana sur son chiffre de travail avec deux touristes ! Je dois dire que ça ne me surprenait pas trop, ça cadrait bien avec son style. Il nous a bien fait rire ce Jonathan surtout après qu’il ait fumé son joint ! Par contre, il agissait toujours de façon sécuritaire avec nous, c’est ça le plus important !

Finalement, l’après-midi s’est terminée par une autre descente en rappel dans le vide puis quelques sauts et baignade dans un autre bassin un peu plus en aval de la rivière. On a finalement sorti de la forêt et on a rejoint un petit village. Jonathan nous demande alors si nous voulons revenir en taxi ou en moto. Katie et moi on se regarde en riant sachant très bien que nous avons le même souvenir en tête. D’un commun accord on opte pour la moto, pourquoi pas ! C’est à croire que nous sommes vraiment dues pour se promener en moto ensemble ! Accompagnés chacun de notre conducteur, on déambule tranquillement dans les rues et on retourne vers San Gil.

Voilà, c’est ainsi que se termine la plus belle journée d’aventure de mon voyage jusqu’à présent !

Spéléologie à la Cueva Antigua

Ce matin, Katie et moi on se prépare pour notre première excursion aux alentours de San Gil. Nous allons vivre une expérience de spéléologie à la grotte Antigua. Le guide, Jonathan, vient nous chercher à l’hostal en début d’avant-midi. Ça nous prend environ 20 minutes en voiture pour se rendre jusqu’au site. Sur la route, je parle un peu avec le guide. Il ne parle presque pas anglais, donc je fais un peu la traduction à Katie. Jonathan est un jeune amateur de sports extrêmes et il possède une formation de secouriste extrême. Il me raconte qu’il a même déjà récupéré des personnes mortes à la suite d’accidents. Ayoye ! Alors, il n’y a pas à s’inquiéter aujourd’hui, nous sommes entre bonnes mains ! Le conducteur nous dépose au début d’un sentier tout près d’une petite maison. Avant de commencer. Petite halte chez l’habitant où on nous offre une boisson faite à base de canne à sucre.


Ensuite, on emprunte le sentier qui descend jusqu’à l’entrée de la grotte un peu plus bas.
Jonathan nous remet un casque muni d’une lampe nous permettant de se promener de façon sécuritaire dans la grotte. On n’a pas apporté notre appareil photo car on nous a dit que nous allions être souvent dans l’eau… donc pas de risque à prendre ! Nous entrons donc tous les trois seuls dans la grotte, il n’y a pas d’autre touriste. C’est parfait ! Nous pourrons ainsi encore mieux profiter de notre expérience sous la terre ! Le guide nous explique qu’il peut être dangereux de s’aventurer seuls dans la grotte. C’est un labyrinthe de couloirs, de caves et de culs-de-sac. On peut facilement s’y perdre si on ne connait pas bien l’endroit. Il y a une odeur particulière dans la grotte… un peu plus tard on apprend qu’il s’agit de l’odeur de la crotte de chauve-souris qui y vivent. Ouin, pas trop appétissant… On voit quelques amas de crotte sur le sol. Après quelques minutes, on fait un arrêt dans une cave et on éteint nos lumières à la demande du guide. Une minute de silence. C’est alors qu’on se rend compte qu’on n’est pas tout à fait seuls… On entend des petits bruits ainsi que le son de battement d’ailes : des chauves-souris !! Juste au-dessus de nos têtes… Haaaa ! J’ai pas vraiment peur, mais ça fait quand même bizarre de se retrouver dans l’habitat diurne de ces petits mammifères volants.

On poursuit notre découverte de la grotte. Jonathan nous fait passer à travers d’étroits passages. On se retrouve tantôt à genoux tantôt à 4 pattes les mains reposant sur le sol argileux, on rampe pratiquement ! Je comprends vite l’utilité du casque quand je me cogne la tête à 2 reprises sur le plafond bas… Un peu plus loin le guide nous laisse prendre les devants. Pendant que j’essaie de solutionner comment passer à travers un petit tunnel serré, je réfléchis à savoir qu’est-ce qu’ils font quand les personnes sont trop grosses pour passer par un chemin comme celui-là. Voilà qu’à ma sortie à l’autre bout du tunnel je trouve Jonathan en train de rire. Il a voulu nous rendre la tâche difficile alors que lui avait passé par un raccourci plus facile ! Il y a donc des options pour les gens ayant un surplus de poids. En tout cas, il ne faut pas être trop claustrophobe pour vivre cette expérience de spéléologie ! Il m’est venu à l’esprit de penser à comment je me sentirais si mon pied ou ma jambe restait coincé dans un de ces tunnels… mais je sais que Jonathan est un guide expérimenté donc je suis en confiance !

On continue tranquillement notre excursion vers la sortie de la grotte. Un peu plus loin, on entend le son écho de l’eau qui s’écoule. Quelques minutes plus tard on marche dans le lit d’une petite rivière souterraine. Ouuuu… l’eau est un peu fraîche ! Bientôt l’eau monte et le courant devient un peu plus fort. Le guide nous montre un passage aventurier que l’on doit traverser. À la demande de Katie, je fais mon entrée la première. Je dois m’avancer plus loin dans la rivière où j’ai de l’eau jusqu’à la poitrine et l’espace juste assez grand pour passer ma tête à travers un petit espace. C’est drôle… j’ai l’impression d’être comme dans un film… à essayer de me frayer un chemin dans les profondeurs d’une grotte afin d’échapper à une menace ! La sortie finale de la grotte est tout aussi spectaculaire. On doit sortir par l’endroit où la rivière fait son entrée… on est donc à contre-courant dans un torrent d’eau vive. À l’embouchure de la grotte, on perçoit un genre d’échelle qu’il faut gravir, mais la force du courant rend la tâche plutôt difficile. Finalement, je saisi le dernier barreau tout en haut pour finalement réussir à m’expulser à l’extérieur. Wow ! Quelle aventure ! Un des meilleurs moments d’adrénaline de toute ma vie ! J’ai adoré l’expérience, surtout cette finale tout à fait inattendue !

vendredi 26 octobre 2012

En route vers San Gil



Ce matin on déjeune et on prépare des sandwichs pour la route. Katie et moi on quitte Villa de Leyva en direction de San Gil, une ville située dans le département de Santander.

On salue le couple québécois qui loge toujours à l’hostal. Ceux-ci ont reçu une mauvaise nouvelle en provenance du Québec… Ils doivent interrompre leur voyage, car l’ex-conjointe du monsieur est en phase terminale d’un cancer et leur fils a besoin de support. Je leur transmets mes meilleures pensées...

Quérida Marta...
Une autre Despedida, cette fois-ci de notre chaleureuse hôtesse madame Marta. On l’embrasse très fort et on la remercie pour son accueil hors du commun. Notre séjour fut des plus agréables à la Casa Campesina El Solar. Je recommanderais cet endroit à tous mes amis !

On parcourt une dernière fois les rues du village en direction du terminal de bus. On prend un colectivo vers la ville de Tunja et puis ensuite un bus en direction de San Gil. Un trajet d’environ 5hr30-6hr. J’ai souvent tendance à m’endormir lors des trajets en autobus… Aujourd’hui, j’ai l’impression que c’est encore pire. La route est cahoteuse et  remplie de plusieurs virages. De plus, la température se réchauffe de plus en plus, cela ne doit pas aider… Je dors pendant une bonne partie de la route. En chemin, on déguste nos délicieux sandwichs avec les ingrédients achetés la veille (jambon, fromage, tomate, avocat), miamm !

On fait sécher les grains de café !
On arrive à destination en fin d’après-midi. San Gil est l’une des destinations les plus appréciées de la région et pour cette raison elle a été proclamée capitale touristique du département de Santander. En effet, cette ville blottie au cœur d’une végétation de toute beauté, s’est convertie depuis quelques années en centre d’excursions de la région (randonnées, activités sportives variées et extrêmes, visite des vieux villages coloniaux aux murs blanchis à la chaux, etc.)
 

Méchant contraste comparativement à Villa de Leyva. La ville de San Gil est bruyante et ça sent le diesel à plein nez. On doit se frayer un chemin pour réussir à traverser les rues avec le nombre important de voitures, taxi et autobus. La ville est située sur le flanc d’une colline et les rues sont parfois très abruptes, tellement qu’on se demande si les voitures sont capable de monter. 










On prend un taxi et on se rend à l’Hostal Le Papillon, dont les propriétaires sont un Suisse et sa compagne colombienne. On nous fait visiter l’endroit et nous prenons place dans le dormitorio (dortoir).



jeudi 25 octobre 2012

Parque ecologico « La Periquera »



Ce matin, Katie et moi allons prendre le petit déjeuner dans une boulangerie-patisserie française non loin de notre hostal. Je me délecte d’un délicieux croissant aux amandes. Miamm, vraiment très bon ! Rien de mieux pour commencer la journée !

Par la suite, nous rejoignons monsieur Don Raul au terminal de transport. Il nous a organisé un transport de type « colectivo »  pour se rendre jusqu’à un parc écologique nommée La Periquera. Don Raul nous suit avec sa moto. Le colectivo nous dépose sur le bord de la route non loin de l’entrée du parc. Nous terminons le trajet encore une fois les 3 amigos sur la même moto !

La Periquera est une réserve de la faune et de la flore où l’on retrouve plusieurs cascades. Il s’agit d’un ancien site d’adoration mythologique des indigènes Muicas.


Katie et moi décidons de participer à une première activité d’aventure : le Canopy. C’est une longue tyrolienne qui nous amène un peu plus bas. Une fois l’équipement en place, on se prépare à s’élancer dans le vide. Katie me demande si je veux y aller en premier, car elle a un peu peur. Pas de problème, je suis prête, j’aime l’adrénaline ! Don Raul se fait un plaisir de nous prendre en photo et de filmer l’aventure, il nous rejoindra un peu plus tard en bas de la colline. Les quelques pas d’approche sur les marches en bois sur le bord de la colline sont un peu stressants et puis voilà je m’élance. Une descente à tyrolienne à toute vitesse, quelle belle sensation ! En moins de 30 secondes, je me retrouve à l’autre bout où j’atterris sur un gros matelas.  Katie s’élance quelques minutes après moi et vient me rejoindre. On s’échange une accolade, très contentes des émotions fortes que l’on vient de vivre !


Monsieur Raul redescend la colline à pied et vient nous rejoindre. Il nous montre un petit sentier qui se rend jusqu’à une première chute, très jolie, suivie d’une deuxième. Ces chutes sont assez grosses à cette période de l’année puisque c’est la saison des pluies. On descend encore plus bas pour découvrir la troisième chute. Pour y arriver, on doit traverser la rivière. Don Raul installe une corde pour nous sécuriser. On enlève bas et souliers et on traverse sans trop de difficulté. On continue de marcher pieds nus sur une certaine distance. J’aime la sensation de marcher en contact direct sur la terre. Finalement, on atteint la troisième chute, vraiment très belle ! Nous sommes seuls sur le site, entourés par cette belle nature pure et sauvage. Moment unique! Le paysage est magnifique!




On revient sur nos pas pour le chemin du retour. J’ai l’occasion d’avoir une belle discussion avec Don Raul. Il me raconte un peu sur le travail qu’il effectuait avant d’avoir son ranch. Il me parle de son fils Martìn, 10 ans, dont il est très fier. Il me confie les difficultés qu’il a vécues avec sa conjointe, de leur séparation s’échelonnant sur quelques années et finalement de leur réconciliation où la confiance a dû être reconstruite. Je me suis sentie très privilégiée d’entendre cette confidence de monsieur Raul.

On remonte la colline par un sentier abrupte muni d’un cordage (semi-rappel). Bon exercice cardiovasculaire ! Don Raul démontre une bonne forme physique malgré son âge que j’estime à 50 ans. On retourne au point de départ à l’entrée principale du parc pour faire une petite pause.

Le retour vers Villa de Leyva s’effectue d’abord sur la moto de Don Raul. Même si on est rendues habituées, on apprécie toujours autant l’expérience ! Par contre, on entend le moteur forcer étant donné la route qui monte plus haut. À un croisement de chemin, Don Raul demande à un monsieur à bord d’une voiture de nous conduire jusqu’au village pendant que lui continuera en moto. On se donne rendez-vous en fin après-midi à la Plaza Mayor, place principale et centrale du village.


Le monsieur nous reconduit comme prévu au village. On trouve un petit restaurant isolé où l’on déguste un menu du jour complet à très bon prix (6000 pesos = 3,30 $). Après dîner, on se promène un peu dans les rues pour prendre quelques photos. Le village est vraiment très joli et on ne se lasse pas d’admirer le paysage aux alentours. On retourne à l’hostal pour se reposer un peu.


Vers 5hrs de l’après-midi, on rejoint notre ami Raul à la Plaza Mayor. Il est accompagné de sa conjointe et de leur fils Martìn qu’il me fait très plaisir de rencontrer. On discute un peu et on remercie Raul de son agréable compagnie et du précieux temps qu’il a consacré à nous faire découvrir les principaux attraits du village et ses environs au cours des deux derniers jours. Don Raul est un homme très généreux. Nous sommes extrêmement reconnaissantes. On l’invite à prendre un café lui et sa famille pour partager encore quelques moments. Finalement, vient le moment de la Despedida (Aurevoir). Je me sens un peu triste et j’ai les larmes aux yeux. En si peu de temps, nous avions développé une belle complicité avec monsieur Raul et il a été tellement gentil avec nous… Je garderai un très bon souvenir de lui et je lui souhaite santé, bonheur et longue vie !

Katie et moi profitons de notre dernière soirée à Villa de Leyva. Petit souper agrémenté d’une coupe de vino tinto. On discute de combien on a apprécié notre séjour dans ce petit village. Pour toutes les deux, Villa de Leyva a été un coup de cœur !